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Fiche 4 sur 8Lever et coucher : trouver le bon rythme
Deux passages courts, le matin et le soir, suffisent parfois à tenir toute une journée à la maison. Ils encadrent les moments où l'on se sent le plus fragile : sortir du lit, s'habiller, préparer la nuit. Encore faut-il que leurs horaires collent aux habitudes de la personne.

Pourquoi ces deux moments comptent
Le matin, il faut sortir du lit, aller aux toilettes, se laver un peu, s'habiller, prendre un petit-déjeuner. Le soir, il faut se déshabiller, ranger ses affaires, fermer les volets, vérifier la porte et se coucher. Ces gestes, qu'on fait sans y penser pendant des décennies, deviennent parfois longs ou incertains : le corps est raide au réveil, la fatigue pèse en fin de journée.
Une aide au lever et au coucher ne fait pas tout à la place de la personne. Elle sécurise ces transitions, propose un bras, prépare ce qui doit l'être, et repart. Pour la famille, savoir que quelqu'un est passé le matin et le soir change beaucoup le niveau d'inquiétude.
Des passages courts mais réguliers
Un passage au lever dure souvent entre trente minutes et une heure, selon qu'il inclut une toilette, l'habillage et le petit-déjeuner. Le coucher est généralement plus court. Ce qui compte, c'est la régularité : le même créneau chaque jour, si possible avec les mêmes intervenantes, pour que la personne sache à quoi s'attendre.
Les horaires sont le point le plus délicat. Les services sont très sollicités entre 8 heures et 10 heures, et le soir entre 18 heures et 20 heures. Résultat : une personne qui se couchait à 22 heures toute sa vie peut se voir proposer un coucher à 19 heures, ce qui revient à passer la soirée au lit. Ce n'est pas une fatalité. On peut demander un coucher plus tardif, quitte à réduire un autre passage, ou organiser un « pré-coucher » : l'intervenante aide à se mettre en tenue de nuit et prépare la chambre, la personne se couche seule plus tard.
Préparer la chambre
Quelques aménagements rendent les levers et les couchers plus simples, avec ou sans aide :
- Un lit à la bonne hauteur : assis au bord, les pieds doivent toucher le sol à plat, genoux à angle droit. Des rehausseurs existent pour un lit trop bas.
- Une lampe de chevet facile à allumer, et une veilleuse sur le trajet vers les toilettes.
- Un passage dégagé, sans tapis qui glisse ni fil électrique au sol.
- Une chaise solide près du lit, pour s'habiller assis.
- Les vêtements du lendemain préparés la veille, dans l'ordre où on les enfile.
- Un téléphone ou un bouton d'appel à portée de main depuis le lit.

Et la nuit ?
La nuit inquiète souvent davantage les proches que la personne elle-même. Plusieurs réponses existent, du plus léger au plus important. La téléassistance permet d'appeler un plateau d'écoute en appuyant sur un médaillon ou un bracelet ; certains modèles détectent aussi les chutes. Beaucoup de départements et de communes participent à son coût. Une garde de nuit est possible, avec une personne qui dort sur place ou qui veille, mais elle coûte cher et se réserve aux situations où une présence est vraiment nécessaire. Des passages de nuit existent aussi dans certains territoires, pour un change ou une vérification.
Entre les deux, des solutions simples rassurent : un détecteur de lumière qui s'allume au premier pas, un voisin prévenu, un téléphone avec les numéros en gros caractères. Si les réveils nocturnes se multiplient ou si la personne semble désorientée la nuit, c'est une question à poser au médecin traitant.
Garder ses habitudes
Le lever et le coucher sont aussi des rituels : le café dans la même tasse, la radio du matin, la fenêtre entrouverte, le livre sur la table de nuit. Les transmettre à l'intervenante, à l'écrit dans le cahier de liaison, permet qu'ils survivent aux changements d'équipe. Plus la personne garde la main sur ces petits choix, plus elle reste chez elle au sens plein du terme.
Ce que cela coûte
Deux passages par jour représentent vite une quarantaine d'heures par mois. C'est souvent à ce stade que l'APA devient indispensable. Le degré de perte d'autonomie, évalué selon la grille AGGIR, détermine le montant maximal du plan d'aide. Nous expliquons le dossier et les autres financements dans la fiche sur le financement de l'aide, et la façon de comparer les services dans la fiche dédiée au choix d'un service.